31 mars 1925 - 28 novembre 1932
Jules Repiquet est nommé Gouverneur de la Réunion le 10 décembre 1924. Il arriva dans l'île vers la fin de la saison des cyclones. Son mandat sera marqué par de graves catastrophes climatiques et économiques : les cyclones de 1928, 1931 et 1932 et la grave crise mondiale qui ne va épargner la Réunion au début des années 30.
Repiquet va défendre 2 grands dossiers : le Reboisement et la Diversification Vivrière.
En 1926 il va distribuer gratuitement 1 516 000 plants de filaos, de gréviléas et d'autres essences pour le reboisement de l'île. Il va aussi modifier le règlement forestier du 25 février 1874. Il va étendre la production du quinquina pour lutter contre le paludisme. Délaissée depuis de nombreuses années, cette culture sera reprise en 1918 dans la Grande Ilette de la Rivière des Pluies. 14 000 plants sont recensés dans cette ilette dont 3000 pourraient être écorcés dans trois ans. La misSion anti-paludique du Dr Arlo va renforcer la lutte contre ce fléau.
Le Gouverneur fera un vibrant plaidoyer pour le remplacement du riz par maïs ou le manioc dans l'alimentation créole. Il est vrai que dès 1926 Madagascar n'exporte plus de riz sur la Réunion et l'île doit s'approvisionner de façon coûteuse en Birmanie et en Indochine. Il encourage par tous les moyens l'extension de l'aliment sain qu'est le maïs. De plus, il caresse l'idée, après la miSsion de M. Georges Petit, chargé de relever les ressources ichtyologiques autour de la Réunion, de monter une société de pêche avec des "capitaux créoles" pour s'emparer du marché du poisson des îles voisines.
Sous son mandat, la route de Cilaos est enfin terminée. C'est une des merveilles de l'Océan Indien, dit-il. C'est le désenclavement de 4000 habitants qui peuvent enfin se considérer comme des Réunionnais à part entière. Il réceptionne 2 autres ouvrages d'art : le Pont des Avirons (60m) et le Pont de l'Entre-Deux (175 m). Il va demander la création d'une brigade spéciale de police pour la surveillance du port et des docks, afin de mettre fin à une "situation lamentable". D'une façon générale, le Gouverneur estimait que l'île n'était pas suffisamment pourvue en personnel de police. On ne comptait que 75 gendarmes, soit un pour 2 000 habitants.