19 mai 1908 - 18 janvier 1910
Nommé le 7 février 1908, cet universitaire agrégé d'histoire et de géographie, professeur honoraire à l'école coloniale, arrive à la Réunion le 19 mai. Volubile et imprudent, il suscitera de solides inimitiés. D'ailleurs son mandat sera très court. Dés le 9 novembre 1909, Jullien est nommé gouverneur par intérim.
Beaucoup d'événements vont marquer ce bref mandat. Une vague d'incendies fera croire à l'existence de "sorciers pyromanes" : l'église de St Paul en 1905, les 26 maisons de St Gilles le 23 janvier 1907, la distillerie de la Rivière du Mât le 18 septembre 1908 et le grand lycée le 26 février 1910.
Mais c'est surtout l'affaire Sitarane qui retiendra l'attention de la popu1ation. Autre drame sudiste, la jacquerie de Cilaos. Une partie de la population va se soulever pour réclamer la distribution gratuite des terres. Un meneur n'hésite pas à affirmer : "le gouverneur a dit des bêtises : la loi c'est nous". Ce besoin de terres et le comportement désespéré de certains traduisent la pauvreté de l'île. D'ai11eurs en 1909, la Chambre d'Agriculture, dans un rapport intitulé "Les Cahiers d'une Vieille Colonie" déclare "cette vieil1e colonie de la Réunion souffre du dédaigneux abandon dans lequel on la laisse. Elle souffre d'être méconnue et parfois calomniée. Elle souffre surtout de n'être même plus connue".
Pendant ce temps ce gouverneur médisant a réussi à choquer tous les milieux et à faire l'unanimité contre lui. Il part en congé en 1910 et ne laisse aucun regret. Son successeur Jullien va intervenir de façon intempestive et maladroite dans la campagne électorale de 1910. Dans une lettre aux maires, il présentera Gasparin et Boussenot comme "les candidats du ministre". Il sera bousculé en public par des manifestants après son arrêté de dissolution du Conseil Municipal de la Plaine des Palmistes.