Laurent Marie Emile BEAUCHAMPS

19 mai 1896 - 30 octobre 1900

Arrivé en mai dans l'île, Beauchamps va s'occuper pendant deux ans du dossier de l'Exposition Universelle. Il importait de conforter dans le monde la bonne image de la Réunion qui avait déjà obtenu 213 récompenses à l'Exposition Permanente des Colonies en 1889. Jeune lieutenant, il avait déjà servi dans l'île avant sa mutation en Indochine. Il retrouve avec joie une destination familière.

C'est pendant son mandat que va intervenir le dénouement de la longue affaire malgache. Le 6 août 1896 sous l'impulsion du lobby réunionnais, Madagascar devient une colonie française. La royauté sera abolie le 28 février 1897 et la Reine Ranavalona III exilée à St Denis le 15 mars l897. Elle terminera son exil en Algérie où elle mourra en 1917.

Après la diminution amorcée en 1870, l'île enregistre un léger mieux sur le plan démographique : 173 192 habitants au 2 juillet 1897. Avec l'arrêt brutal de l'immigration indienne en 1887, Beauchamps doit se rendre à l'évidence : l'île ne peut compter sur son propre dynamisme démographique pour régler ses problèmes économiques. De plus deux graves dangers menacent l'île : l'émigration vers Madagascar et une situation épidémiologique difficile.

La pacification militaire n'est que le prélude à la colonisation réunionnaise de la Grande IIe. Le député Brunet qui rencontre Gallieni en l897 va faire valoir les droits des Réunionnais : " Les créoles de la Réunion, dit-il, plus que tous les autres devraient être les premiers facteurs de l'influence de la France".

Le rêve malgache, bercé par le filanzane, sera envisagé comme une solution aux difficultés économiques de l'île. Les forces vives de l'île vont émigrer.

En mai 1899 la peste de Maurice fait 50 morts à la Réunion. C'est un rappel brutal de la situation sanitaire difficile de l'île. De p1us, le paludisme fera cette année là 1761 victimes.

Dans son édition du 2 avril 1896 le Ralliement avait présenté de façon singulière à ses lecteurs le nouveau Gouverneur: " Il nous est complètement inconnu et son nom ne figure pas dans l'Annuaire de la Marine et des Colonies parmi ceux des Inspecteurs Coloniaux, ce qui prouve qu'il n'appartient pas à ce corps très honorable mais par trop envahissant. C'est déjà quelque chose".

Inconnu, il le reste toujours dans la mémoire collective réunionnaise.