Emile RICHAUD

11 octobre 1886 - 16 décembre 1887

Le dimanche 10 octobre 1886 à 21h30, le paquebot des Messageries Maritimes "Le Salazie" mouillait à la rade de St Denis, avec 2 jours d'avance sur son plan de navigation. A bord, le nouveau Gouverneur Richaud, avec le grade d'inspecteur Général des Services Administratifs et Financiers. Il mit pied à terre le lendemain, salué par 15 coups de canon et par le Maire Lahuppe au son de la Marseillaise. Richaud connait bien la Réunion pour y avoir fait ses débuts dans la vie administrative avant d'être appelé à servir en Cochinchine. Son discours est un réquisitoire contre la monoculture sucrière et un plaidoyer plein d'espoir, car l'avenir de la Réunion est lié à Madagascar. Les Réunionnais sont des "fondateurs de notre empire colonial et nous sommes prêts à revendiquer nos droits sur la Grande Ile Africaine que vos ancêtres furent les premiers à coloniser".

"S'acharner à conserver une culture qui a pu faire la fortune d'un pays, si elle ne donne plus de bénéfices, c'est courir à une ruine certaine". Et il ajoute "qu'il faut à tout prix chercher au dehors les débouchés à une production devenue trop considérable pour la consommation des habitants du vieux monde".

Avec l'ouverture du nouveau port, la Réunion pourrait devenir un entrepôt des produits de la Grande Ile "vers laquelle, depuis tant d'années, se portent vos regards et vos espérances".

Mais le nouveau port fait peur. Menacés de fermeture, les propriétaires de marines vont lui adresser, le 1er avril 1887, une motion réclamant des indemnités :

"il serait utile, et même convenable, dans l'intérêt même de ce port et de la colonie entière, de désintéresser les détenteurs de batelage pour leur permettre de renoncer à leur exploitation en facilitant ainsi celle du Port..." déclare l'assemblée des actionnaires des marines de la Réunion.