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Le père Hyacinthe, un curé de choc à Bourbon

Alain Dupuis avec Roger Serre
Le père Hyacinthe n'était pas peu fier de ses origines. Cela lui avait donné un motif d'accrochage supplémentaire avec le gouverneur Henry Habert de Vauboulon.
"Je suis fils d'un conseiller au présidial de Quimper," lui aurait lancé l'ecclésiastique. "Moi, lui aurait rétorqué le gouverneur, je suis parent des ducs de Coislin et Sully. Les seigneurs qui m'ont présenté au roi ont assuré à sa majesté que j'étais non seulement capable d'être gouverneur de Bourbon mais bien plus, être chevalier de France".
Le père Hyacinthe disait vrai sur ses origines nobles. Né vers 1640 à Quimper, il est en effet le fils de M. Kerguelen de Kerbiquet, conseiller au présidial de Quimper. Branche cousine comme les Kerguelen de Penneunjeun, l'ecclésiastique est donc un arrière grand-oncle du célèbre navigateur Yves Joseph de Kerguelen de Tremarec.
Et c'est là que l'histoire emprunte un étrange raccourci. A 84 ans d'intervalle l'arrière-grand-oncle et l'arrière-petit-neveu vont tous les deux passer par Bourbon et tous les deux connaîtront, mais pour des raisons différentes, la disgrâce.
Yves Joseph Kerguelen de Tremarec arrive dans l'île le 19 octobre 1773. C'est son deuxième voyage dans les Mascareignes. Le navigateur est en route pour le Grand Sud à la recherche du mythique continent austral.
Si la première fois il a été bien accueilli à l'Isle de France, il n'en va pas de même en octobre 1773 ce qui l'oblige à relâcher à Bourbon pour se ravitailler.
Comme pour le père Hyacinthe, les choses vont plutôt mal tourner pour Yves-Joseph de Kerguelen de Trémarec. Ce qu'il a pris pour le continent austral n'est qu'un chapelet d'îles ce que découvre James Cook en décembre 1773. Elles seront baptisées du nom du navigateur mais Kerguelen à son retour en France est traduit devant un conseil de guerre, cassé de son grade et emprisonné à Saumur.