CARTE
DE VISITE
Îlet des Orangers,
Roche Plate,
commune de Saint-Paul
Date d'apparition
seconde moitié du XVIIème
siècle
Situation
centre de l'île cirque de Mafate
Nom des habitants
Les Saint-Paulois ou les Mafatais
Population
300 habitants
Adresse mairie annexe
chemin de la Mairie,
le Guillaume,
tél : 0262. 32 54 91
Économie-Ressources
l'élevage, l'agriculture,
le tourisme
Célébrités
Monsieur Tiburce, Monsieur Posé,
Monsieur Maillot, facteurs de Mafate
Patrimoine
le cirque de Mafate,
les cases en bardeaux,
le calme, la majesté des lieux
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HISTORIQUE
La Réunion compte
au dernier recensement de 1999, plus de 700 000 habitants répartis
sur ce morceau de lave perdu dans l'Océan Indien. Sa population
est donc très importante, et atteindra à l'horizon 2010-2015,
le million d'âmes. Pourtant, alors que la surface habitable ou agricole
pourrait commencer à manquer, il existe de nombreux endroits dans
l'île où la densité démographique est si faible
qu'elle se perd dans la majesté des grands espaces. Mafate est l'un
d'eux, immense cirque aujourd'hui encore, uniquement accessible à
pieds, traversé de chemins et de sentiers, vierge de routes goudronnées.
Peuplée à
l'origine par des esclaves en fuite qui trouvèrent enfin une région
où leurs jours ne furent plus menacés, rejoints plus tard
par les colons, la zone est parsemée de petits villages situés
sur des îlets, aux cases souvent accrochées aux remparts,
masquées par des bananiers, cerclées de petits enclos, faits
de chocas, pour les animaux. Il existe pour y accéder, plusieurs
itinéraires. L'un des plus pratiqués par les randonneurs
est sans doute celui du Maïdo, par la route de captage des Orangers
au Bois de Nèfles à Saint-Paul ou bien encore par l'îlet
des Lataniers et la Rivière des Galets. Un fantastique périple
offrant un point de vu incomparable sur l'ensemble du cirque.
L'îlet des Orangers
tire son nom, pour la version la plus simple, de l'arbre fruitier que l'on
trouve en abondance sur le plateau depuis toujours. Une seconde théorie
parle d'un noir orange, qui le premier aurait occupé les lieux.
En attendant, de tous les
quartiers, celui des Orangers a longtemps été le plus pauvre,
celui où les conditions de vie étaient sans doute les plus
difficiles en raison du manque d'eau. En effet, les quelques habitations
éparpillées au gré des nombreuses et profondes ravines
se situaient à une heure de marche de la source la plus proche.
L'eau était donc un bien précieux qu'il fallait économiser,
conserver comme le plus fabuleux des trésors.
À l'époque
de la colonisation, certaines familles obtinrent des concessions, d'autres
non, mais s'installèrent tout de même, hors la loi, pensant
être protégés des représailles par les remparts
et l'isolement. En 1874, le Service Forestier voulut chasser les habitants
du cirque afin de procéder à son reboisement. Nul n'avait
le droit alors de brûler une branche, même morte, sous peine
de voir son habitation détruite ou d'être envoyé creuser
le port de la Pointe des galets. Excédés, les Mafatais parvinrent
à chasser, à coup de pierres et de bâtons, les forestiers,
après bien des années de souffrances. L'îlet de Roche
Plate est quant à lui celui que l'on aperçoit du Maïdo.
Le quartier fut le premier du cirque à être dotée d'une
école et bénéficie, au contraire de l'îlet des
Orangers, d'une abondante irrigation. Goyaves, bibasses, oranges, bananes,
pêches, vignes font partie des ressources du village, en même
temps que l'élevage, ou la culture de haricots et de maïs.
Pourtant, ces cinquante dernières années, sa population a
considérablement diminué, les plus jeunes préférant
le littoral à ce centre de l'île. Le tourisme a cependant
redonné vie à l'îlet et au cirque dans son ensemble,
qui faillit bien être déserté...
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