HISTORIQUE
Sur
les hauteurs de Sainte-Marie, la Grande Montée domine tout le littoral.
En 1960, seulement 7 familles y habitaient. Elle est devenue en 40 ans
un quartier résidentiel pour de nombreux travailleurs dyonisiens
et offre le dépaysement d'un écart pourtant situé
aux portes de la capitale...
Situé
entre la ravine des Chèvres, mitoyenne de la commune de Sainte-Suzanne
et la rivière des Pluies "frontière² avec le chef-lieu,
Saint-Denis, Sainte-Marie est l'une des plus anciennes localités
de l'île. En effet, quelques domestiques attachés au premier
colon, Louis Payen, demeurèrent à Bourbon après son
départ en 1665, et décidèrent de s'installer sur ce
territoire du nord-est dès 1690. Cependant, l'origine de son
nom est antérieure et date de 1667, période à laquelle
une frêle esquif de forbans s'échoue sur un récif sans
pouvoir regagner la côte. Voués à une mort certaine,
ces derniers implorèrent l'aide de la vierge, à qui ils promirent
d'ériger une chapelle si leurs vies étaient sauvées.
Miracle ou pas, ils se retrouvèrent au petit matin sur une plage,
meurtris mais saufs et appliquèrent aussitôt, avec les restes
disloqués de leur bateau, le principe du serment.
La
région de Sainte-Marie venait de naître. En attendant,
si l'implantation des premières familles se fit très tôt,
le petit village ne fut considéré comme quartier que bien
des années plus tard, en 1722. En 1790, Sainte-Marie devient enfin
commune. A cette époque, de nombreuses et grandes propriétés
sucrières la composent succédant à l'ère du
Café. Leurs noms sont aujourd'hui ceux des quartiers de la commune
: Réunion, la Découverte, Beaumont, la Rivière des
Pluies où se situe la grande Montée, etc... Sainte-Marie
est constituée de deux grandes zones urbaines : le Bourg et la Rivière
des Pluies, sections de la commune depuis 1928. Cette dernière comprend
la grande Montée par laquelle on accède à l'Espérance,
puis à la Confiance. Jusqu'à 600 mètres d'altitude,
les propriétés sucrières ont toujours occupé
la place. Au delà, les cultures maraîchères et un peu
d'élevage les remplacent. Cette région a vu ses premiers
occupant arriver à l'époque où la paille chouchou
du cirque de Salazie a perdu de son importance.
Ruinés
et sans ressources, quelques familles quittèrent le cirque en quête
de nouveaux moyens de subsistance et certains escaladèrent le rempart
pour se retrouver sur le haut versant nord de la montagne. Trouvant des
terres cultivables, ils défrichèrent l'épaisse forêt
et bâtirent avec les bois, leurs habitations. Lorsque le Géranium
vint au secours de l'économie sucrière agonisante, à
la fin du XIXème, le défrichage s'intensifia encore. Maïs,
goyaviers, fraises, chouchous, produits maraîchers, étaient
quant à eux acheminés et vendus à Saint-Denis. A ces
ressources s'ajoutent aujourd'hui la culture des fleurs, telles que les
oeillets ou gerberas.
Le
quartier de la Grande Montée, alors que l'île de la Réunion
compte plus de 700 000 habitants, est devenu de par sa proximité
de la capitale, une zone résidentielle importante dont la géographie
permet de s'écarter du tumulte et des zones industrielles, tout
en profitant d'une fraîcheur apaisante. Elle offre également
une vue imprenable sur l'océan Indien et le littoral , où
le lent ballet des avions approchant devient un impressionnant spectacle
du quotidien. |