1952

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Ce demi-siècle d'actualités commence avec Henry Cazal, directeur du Journal de l'île de 1957 à 1975. Il nous raconte les débuts de cette grande aventure.

Pour son cinquantième anniversaire, le Journal de l'île vous propose de revivre un demi-siècle d'actualités à travers une sélection des plus belles unes et des témoignages de personnalités. Nous vous proposons en effet un rendez-vous quotidien vous permettant de revivre ces cinquante ans d'histoire politique, sociale, sportive, culturelle...

Henry Cazal, directeur du "Journal de l'île" de 1957 à 1975

L'année 1951


Qu'on le veuille ou non, le nom de Monsieur Fernand Cazal restera à jamais attaché au titre du "Journal de l'île de la Réunion". Que cela plaise ou non, il sera impossible de parler de ce journal sans évoquer le souvenir de son fondateur.

Monsieur Fernand Cazal naquit en 1885 dans une très modeste famille de Saint-André. Il mena de très brillantes études au lycée Leconte-de-Lisle, puis à l'école nationale des arts et métiers d'Aix-en-Provence d'où il sortit major de sa promotion d'ingénieur.
De retour à la Réunion, il commença sa carrière dans l'administration, mais ce cadre lui pesait. Il décida d'en sortir et fit l'acquisition d'une petite imprimerie qu'il rénova entièrement, avant de l'installer au 76 de la rue de l'Eglise, devenue aujourd'hui rue Alexis-de-Villeneuve.
A l'exception des rotatives, ce matériel était ce qui se faisait de mieux à l'époque.
L'idée de créer un journal allait donc naître. La première tentative eut lieu entre 1932 et 1936, mais la guerre mit un terme définitif à cette expérience. En 1950, mon père, prenant conscience du renouveau qui s'annonçait avec le développement des moyens de communication et l'ouverture des esprits, reprit son idée.
Une entreprise hardie. Les machines avaient vieilli et le manque d'entretien, dû aux impossibilités d'approvisionnement en pièces détachées, avait eu des conséquences dramatiques.
Tout cela n'empêcha pas le Journal de reparaître, et le premier numéro fut publié le vendredi 31 août 1951.
Les débuts furent difficiles, et la sortie du Journal un prodige quotidien. Mais l'enthousiasme de l'ensemble du personnel dans tous les domaines
permettait que l'impossible devienne réalisable chaque jour.
La rédaction s'organisa progressivement. Les "Petites Annonces" commencèrent à devenir "Classées", la publicité prit son essor, et les feuilletons firent leur apparition, à la grande joie des lecteurs.
Cette histoire de la naissance du Journal paraît presque irréelle aujourd'hui, à l'heure où les textes "tombent" sous les doigts agiles d'opérateurs confortablement installés.
On ne peut pas oublier pour autant celui qui un jour prit ce risque insensé de vouloir doter son île d'un organe de presse dont elle puisse à juste titre s'enorgueillir.
Mon père a disparu sans faire de bruit. Modeste comme il avait vécu. Sans même un remerciement de ceux qui, pourtant, lui devaient tant. Même son nom a disparu, qui figurait autrefois au titre du Journal : "Fondateur : Fernand Cazal". Mais ce nom restera pour toujours gravé dans le cœur de ceux qui l'ont connu et - probablement - aimé.